Système nerveux et traumas
Comprendre le système nerveux et les empreintes du passé
Quelques repères pour mieux comprendre ce qui se joue dans le corps, le système nerveux autonome et pourquoi certaines réactions nous échappent…
Le trauma ne se résume pas à un événement spectaculaire ou violent.
Il peut bien sûr naître d’expériences marquantes : violences physiques ou verbales, accidents, pertes, situations d’insécurité aiguë…
Mais il peut aussi s’inscrire dans l’absence :
un manque de sécurité affective, de regard, de soutien, de protection ou de reconnaissance.
On parle parfois de “trauma du rien” ou de trauma de négligence — ces vécus plus silencieux, mais qui impactent durablement le système nerveux.
Ces empreintes peuvent également prendre racine très tôt, dès la vie in utero, au moment de la naissance, ou encore se transmettre de manière transgénérationnelle à travers l’histoire familiale.
C’est pourquoi beaucoup de personnes pensent ne pas avoir de trauma… alors que leur corps, lui, a appris à s’adapter à un environnement insuffisamment sécurisant.
À des degrés différents, nous sommes toutes et tous concernés par des empreintes laissées par notre histoire.
Le système nerveux se construit dans la relation, et s’adapte en permanence pour survivre, se protéger ou rester en lien.
Certaines adaptations deviennent alors automatiques… même lorsqu’elles ne sont plus nécessaires aujourd’hui.
Le système nerveux autonome : notre chef d’orchestre intérieur
Le système nerveux autonome régule toutes les fonctions automatiques de notre corps : respiration, rythme cardiaque, digestion, tension musculaire…
Sa mission première est simple :
nous maintenir en sécurité et en vie.
Face à une situation perçue comme dangereuse — même si le danger appartient au passé ou n’est plus présent aujourd’hui — il déclenche instantanément des réponses physiologiques de survie, sans passer par la réflexion consciente.
Ces réponses deviennent, avec le temps, des automatismes corporels et émotionnels
La théorie polyvagale : comprendre nos états intérieurs
La théorie polyvagale, développée par le Dr Stephen Porges, met en lumière le rôle central du nerf vague dans la régulation de nos états émotionnels et relationnels.
Elle permet de mieux comprendre comment notre corps oscille en permanence entre différents états de sécurité ou de protection, en fonction de ce qu’il perçoit de l’environnement.
On distingue trois grands états :
L’état de sécurité
Le système nerveux est régulé.
Nous nous sentons calmes, présentes, reliées à nous-mêmes et aux autres. C’est l’état de confiance, de détente, d’ouverture et de lien.
L’état de mobilisation
En cas de menace perçue, le système sympathique s’active : lutte ou fuite. Cela peut se traduire par de l’anxiété, de l’agitation, de l’hypervigilance, de la colère ou des difficultés à se poser.
L’état d’immobilisation
Quand la mobilisation ne suffit plus, le corps peut basculer dans le figement. Apparaissent alors inhibition, sidération, épuisement, honte ou sentiment d’impuissance.
Ces états ne sont pas en eux-mêmes “positifs” ou “négatifs”.
La mobilisation et l’immobilisation peuvent aussi être vécues de façon sécurisée et régulée :
– la mobilisation lorsque nous faisons du sport, créons, agissons
– l’immobilisation lorsque nous nous reposons, dormons ou méditons
C’est leur activation en contexte d’insécurité, et leur caractère subi ou prolongé, qui deviennent source de souffrance.
Trauma et système nerveux
Lorsqu’une expérience a été vécue comme trop intense, trop rapide ou trop seule, le système nerveux peut rester bloqué dans un état de protection.
Même si le danger est passé, le corps continue de réagir comme s’il était toujours présent.
C’est ce que l’on appelle une empreinte traumatique.
Cela peut se manifester par :
– des réactions émotionnelles disproportionnées
– des schémas répétitifs
– de l’anxiété ou du figement
– des difficultés relationnelles
– un sentiment d’insécurité persistant
Restaurer la sécurité intérieure
Lorsque le système nerveux a été durablement mobilisé par des expériences difficiles, il peut perdre sa capacité naturelle de régulation.
L’accompagnement thérapeutique vise alors à restaurer progressivement un sentiment de sécurité intérieure, condition essentielle pour que le corps puisse relâcher les états de protection devenus chroniques.
À travers une approche psychocorporelle intégrative — s’appuyant notamment sur la compréhension du système nerveux, la théorie polyvagale et les processus d’intégration du trauma — le travail consiste à :
– élargir la fenêtre de tolérance
– remettre du mouvement là où c’est figé
– soutenir les capacités d’autorégulation
– permettre l’intégration progressive des expériences passées
Ce chemin se fait pas à pas, dans le respect du rythme de la personne, sans revivre ni forcer.
Le corps retrouve alors ses capacités naturelles de présence, de vitalité et d’action.
Si vous souhaitez être accompagnée avec ces repères, vous pouvez découvrir l’accompagnement proposé
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